librairieenfolie

4 janv. 20181 Min

Un destin bleu marine

Mis à jour : 5 nov. 2019

Mon pouce balaie la surface électronique d’un geste automatique, désinvolte. Je vois le monde qui s’écroule. Je le fais défiler. Je lis les crimes de l’humanité, mais les informations ne m’atteignent pas. Ricochet. Tout l’enfer se heurte au rideau de fer que j’ai baissé, il y a longtemps déjà. J’ai clôturé mon esprit, je le séquestre, je ne veux pas qu’il m’échappe. J’ai repeint les parois à la bombe rose, décoré de citations candides, j’ai mis le volume de la stéréo à fond, je ne bois que mes rêves et me nourrit de mes souvenirs. Je vous abandonne. Comment être dans cette humanité, c’est impossible. Automate, plante verte, morte-vivante, qu’on me nomme comme l’on voudra. Je fuis en moi. Même l’encre me coule le long de la main, jusqu’au coude, s’égoutte, tache le sol, saigne, dessine une ligne éparse ; un destin bleu marine.

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